Site de la paroisse Saint-Pierre-aux-Liens

  01 30 30 15 35    osny@catholique95.fr  30, rue Aristide Briand 95520 Osny

Liturgie

La minute liturgie

Présentation de la liturgie de la messe

Rites initiaux

  • La procession d’entrée
  • Le chant d’entrée
  • La salutation
  • L’acte pénitentiel
  • Le Kyrie eleison
  • Le Gloria
  • La prière d’ouverture (collecte)

Liturgie de la parole

  • Première lecture
  • Psaume responsorial
  • Acclamation
  • Évangile.
  • Homélie
  • Credo 
  • Le Symbole des Apôtres et
    Le Symbole de Nicée-Constantinople.
  • La prière universelle

Liturgie eucharistique

  • La préparation des dons
  • Prière sur les offrandes
  • Prière eucharistique
  • Préfaces
  • Sanctus
  • 1ère épiclèse
  • Consécration
  • Anamnèse
  • 2nde épiclèse
  • Prières d’intercession
  • Doxologie finale
  • Rite de la Communion
  • Notre Père
  • Rite de la Paix
  • Fraction du pain
  • Agneau de Dieu
  • Communion
  • Prière après la communion

Rites conclusifs

L’année liturgique

Le temps de l’Avent  

  • L’Avent

Le temps de Noël

  • Nativité du Seigneur
  • La Sainte Famille
  • Épiphanie du Seigneur

Le temps ordinaire

  • Baptême du Seigneur

Le temps du Carême

  • Mercredi des cendres
  • Le temps du Carême
  • L’annonciation du Seigneur
  • Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur
  • Le triduum Pascal
  • Jeudi Saint : la Cène du Seigneur
  • Vendredi Saint la Passion du Seigneur

Le temps Pascal

  • Dimanche de Pâques 
  • Dimanche de la Divine Miséricorde
  • Ascension du Seigneur
  • Pentecôte

Le temps ordinaire

  • Sainte Trinité
  • Saint-Sacrement
  • Le Sacré-Cœur de Jésus
  • Nativité de Saint Jean-Baptiste
  • Saint Pierre et Saint Paul apôtres
  • Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie
  • La Croix Glorieuse
  • La Toussaint
  • Christ Roi de l’univers

Au cours des derniers mois, j’ai été témoin de questionnement sur des points liturgiques (placement de la crèche, lecture de la prière universelle à l’ambon ou au pupitre animateur, fleurissement devant l’autel, aménagement du pupitre animateur…) qui montrent combien toute discussion autour de la liturgie est sensible, et c’est normal, car cela touche tout notre être dans notre relation à Dieu. Après des échanges avec les pères Jean Népo et Philippe, ainsi que des membres de l’EAP ou de l’équipe liturgique est venue cette idée d’une « Minute de la liturgie ».

Le but est d’aller au-delà de ce que nous en percevons (j’aime/je n’aime pas) pour entrer plus profondément dans la célébration eucharistique. Celle-ci est à la fois action du Christ ressuscité qui s’offre à Dieu pour nous et pour le monde, et louange que nous adressons à Dieu en tant que peuple de Dieu à qui le Christ a demandé « Faites cela en mémoire de moi ». Ces petits encarts hebdomadaires dans l’e-bulletin se veulent l’occasion de revisiter le sens des gestes et des attitudes et seront lus avant chaque messe. 

L’objectivité de la liturgie ne vient pas de nous, et heureusement, mais de l’Église et de l’Esprit‑Saint qui nous font entrer dans le Mystère de la Foi. Aussi l’Église souhaite mettre tout en œuvre pour que « les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée… » (Vatican II, Constitution sur la sainte liturgie, n°48).

Nous aborderons donc dans cette rubrique les différentes étapes de la messe et les gestes associés à ces étapes, en nous appuyant sur la constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II et la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR). Occasion aussi de revisiter l’Abécédaire liturgique sur le site paroissial. 

A la semaine prochaine ! 

Francine Courel

On peut dire que la liturgie commence dès que les cloches sonnent. Elles nous rappellent ainsi que nous sommes tous invités, « convoqués » par Dieu, ce qui est la traduction du terme grec ekklèsia qui a donné « Église ». Dans la version grecque de l’Ancien Testament, ekklèsia est utilisé pour parler du rassemblement liturgique du peuple d’Israël dans le désert (cf. Dt 4,10), quand, à l’Horeb, Moïse fait sortir le peuple du camp afin d’entendre les paroles de Dieu. 

Les cloches sont une voix entre ciel et terre pour nous inviter à cesser toute activité et nous mettre en marche en orientant tout notre être vers Celui qui nous attend : le Christ, notre Sauveur. Elles invitent les absents à s’unir à la prière de leurs frères rassemblés dans le Seigneur 

Il existe un rituel de bénédiction des cloches qui est souvent intégré au cours d’une liturgie eucharistique et par lequel l’Église a pris l’habitude de leur donner des noms de saints.  Les cloches de l’église d’Osny.

« Qu’à l’appel de cette cloche, tes fidèles accourent avec joie vers ton église, qu’ils persévèrent dans l’enseignement des Apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière, pour n’être plus qu’un seul cœur et une seule âme à la louange de ta gloire. » (Extrait du Livre de bénédictions, n°1046) 

Prêtons-nous attention au chant des cloches ?

 Je me réjouis de retrouver la communauté chrétienne pour célébrer tous ensemble la liturgie eucharistique, ou, si je n’ai pas prévu de me rendre à cette messe, je m’unis par la prière à la communauté qui va se réunir. 

La vie chrétienne est une marche avec Dieu, une marche vers Dieu dans la Jérusalem céleste. Depuis Abraham, depuis l’expérience de l’Exode à travers le désert et l’entrée dans la terre promise, l’homme est en marche vers Dieu, à la rencontre de Dieu. La procession au début de la messe rappelle cette condition de marcheur, de pèlerin à la suite du Christ. Dans l’Évangile, « suivre le Christ » est l’attitude parfaite du disciple qui devrait rendre nos cœurs tout brûlants.

La procession d’entrée s’organise derrière la croix pour signifier que c’est le Christ qui ouvre le chemin vers le Père. Viennent ensuite les servants de messe, puis les diacres et les prêtres. Accompagnant la traversée de l’église, l’assemblée qui se tient debout entonne le chant d’entrée dont le but est « d’ouvrir la célébration, de favoriser l’union des fidèles rassemblés, d’introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête. » (PGMR, 47)

Nous nous rassemblons pour faire corps, pour être signe sacramentel de la présence du Christ. Déjà, en se saluant les uns les autres avant la procession d’entrée, nous accueillons le Christ. Ai-je à cœur d’arriver à l’heure ? 

En regardant la croix lors des processions, je redis à Jésus ma volonté d’être toujours son disciple (Mt 16,24) et mon désir de l’imiter en mourant à mes refus d’aimer pour me mettre au service des autres.

« Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant » Gn 2,7. 

Nous recevons le Souffle et nous le restituons ; nous recevons la vie, la Parole et nous faisons monter vers notre Créateur notre louange, notre supplication. Ce mouvement de réception et de don nous ouvre à la foi. Le chant s’appuyant sur le souffle, nous sommes créés pour chanter.

Paul « invite les fidèles, qui se rassemblent dans l’attente de l’avènement du Seigneur, à chanter ensemble des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés (Col 3,16). Le chant est en effet le signe de l’allégresse du cœur. » (PGMR 39)

Mais qu’apporte le chant au message ? Le chant travaille tout l’homme, son intelligence et sa sensibilité, en laissant une empreinte bien plus profonde qu’un beau discours. Cette empreinte va, au fur et à mesure, former la mémoire du croyant et plus largement celle de l’assemblée, de l’Église. Le chant nous aide à nous remémorer les merveilles que Dieu fit pour nous. D’où l’importance des paroles qui doivent édifier et fortifier notre foi, et de la musique qui nous élève vers Dieu.

En unissant nos voix, nous marquons encore davantage notre appartenance au même corps rassemblé pour célébrer la gloire de Dieu et le salut du monde.

Même s’il est peu mis en pratique de nos jours, la Constitution sur la sainte liturgie du concile Vatican II nous rappelle que le chant grégorien est le chant propre de la liturgie romaine. Les autres genres de musique sacrée ne sont nullement exclus, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique et qu’ils favorisent la participation de tous les fidèles. (SC 116).

Si je ne connais pas un chant, si je ne peux pas, ne sais pas ou ne souhaite pas chanter, je peux m’imprégner des paroles, les laisser résonner en moi, et m’associer à l’assemblée qui chante en les lisant et en les écoutant chantées par les autres : c’est cela aussi la participation active.

La Constitution sur la sainte liturgie mentionne une seule fois les servants de messe mais par une remarque importante : « Même les servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui appartiennent à la chorale s’acquittent d’un véritable ministère liturgique. » (SC n°29)

Le mot « ministère » vient du latin ministerium qui signifie « service ». Ceux que l’on appelle « servants d’autel », appelés auparavant « enfants de chœur » du fait qu’ils sont appelés à intervenir dans le chœur de l’église, sont donc au service de l’assemblée aux côtés du prêtre. Leur mission est multiple : porter la croix de procession, l’encensoir, la navette à encens, les cierges pendant la lecture de l’Évangile, le missel ; ils interviennent à l’offertoire de la messe, pour aider à la préparation de l’autel et à la présentation par le célébrant du pain et du vin.

Leur service ne se réduit pas à la partie eucharistique de la célébration. Le servant sert tout autant l’assemblée, le prêtre qui la préside et la liturgie de la Parole, on peut donc parler de « servants de messe ».

Il doit accomplir son service le plus dignement possible et rester discret.

Par leur service, ils nous rappellent que notre vie doit être au service de Dieu et du prochain. Par leur attitude et leur recueillement, ils aident les fidèles à prier à l’exemple du jeune Samuel qui servait Dieu en présence du prêtre Élie. (1 Samuel 3.1-21).

Merci pour les jeunes qui s’engagent et merci pour les adultes qui les forment à cette belle mission !

Dans la procession d’entrée, les cierges encadrent la Croix et s’il y a, l’Évangéliaire. à chaque Eucharistie, des cierges (deux ou plusieurs) sont allumés sur l’autel. De même, lors de la lecture de l’Évangile, deux cierges peuvent encadrer l’ambon. Enfin, en tout temps, une petite lumière rouge signale la présence du Saint-Sacrement.

Le symbole de la lumière manifeste particulièrement la présence du Christ. C’est le sens du Cierge Pascal, allumé au feu béni dans la nuit de Pâques (le feu qui réchauffe et qui éclaire) et derrière lequel nous entrons dans l’église. Le Christ, « Lumière du monde » (Jn 8,12 ; Lc 2,32 ; Jn 14,6), nous ouvre la voie. A Noël, nous entendrons Isaïe nous dire que « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande Lumière » (Is 9,1).

Du baptême où nous recevons la lumière de Pâques (« Qu’illuminés par le Christ, vous avanciez dans la vie en Enfant de lumière ») à l’entrée dans la nuit de la mort, lorsque nous faisons le geste de la lumière auprès de nos défunts, l’Église nous partage la flamme du Cierge Pascal, montrant ainsi que le Christ nous accompagne tout au long de notre vie.

Puisque nous suivons Jésus, nous participons à Sa lumière (Ps 36,10) car nous ne sommes lumière que grâce à Lui et nous ne brillons que tant que nous sommes liés à Lui : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14). Comment le Christ illumine-t-il ma vie ? Cette lumière nous invite nous aussi à éclairer les autres, et à rester éveillés (tenir nos lampes allumées) en attendant le jour où le Seigneur viendra. Comment est-ce que je porte la lumière du Christ autour de moi ?

Le mot « autel » vient d’un mot latin qui signifie « élevé ». L’autel est en effet, dans la liturgie catholique comme dans celle de l’Ancien Testament, le point de jonction entre Dieu et les hommes, le centre de l’édifice où doivent converger spontanément tous les regards.

Sa symbolique est riche et variée. Il est à la fois la table où les offrandes « passent » dans le domaine du sacré divin et le lieu où le Christ s’offre en sacrifice sur la croix. Table du Seigneur à la dernière cène et centre de l’action de grâce de la prière chrétienne, il est le lieu où Dieu et l’Homme communient à la même vie (ils sont « convives ») dans la personne du Christ, vrai Dieu et vrai homme rendu présent sous les espèces du pain et du vin.

L’autel est généralement en pierre naturelle. Pour évoquer sa destination cultuelle, il contient souvent une pierre consacrée, décorée de cinq croix en rappel des cinq plaies du Christ, et des reliques de martyrs ou de saints.

Au cours de la Messe, il est vénéré par les prêtres au début et à la fin de l’action liturgique. Il peut être également encensé avant la liturgie eucharistique : l’encens symbolise le sacrifice du Christ qui s’est offert à son Père, et aussi la prière des fidèles qui s’offrent à Dieu dans l’unique sacrifice du Christ.

En définitive, l’autel est le signe de la présence du Christ dans la liturgie, le Rocher ferme sur lequel s’appuie notre foi. « Quand il livre son corps sur la croix, chante la cinquième Préface pascale, tous les sacrifices de l’ancienne Alliance parviennent à leur achèvement ; et quand il s’offre pour notre salut, il est à lui seul l’autel, le prêtre et la victime. ». C’est pourquoi l’autel appelle notre vénération par une inclination (et une génuflexion si la réserve eucharistique est dans l’axe de l’autel). Il est ainsi proscrit de déplacer un autel et d’y déposer autre chose que ce qui sert à la célébration de l’eucharistie.

Point d’attention : Pour éviter que l’attention des fidèles ne soit distraite, la décoration florale restera discrète et rien ne viendra obstruer le champ de vision.

Lorsque je m’approche de l’autel, ai-je toujours conscience de m’approcher du lieu ou le Christ s’est offert pour moi et de la table à laquelle le Seigneur et moi sommes convives dans le Christ ?

La racine du nom prêtre vient du grec presbytèros qui signifie « ancien », « ambassadeur ». Le prêtre est donc l’aide ou le collaborateur de l’évêque, et c’est lui qui remplit la charge de présidence.

Par la grâce de l’ordination, le prêtre agit en la personne du Christ (in persona Christi), il est le signe vivant et efficace de la présence du Christ-Tête ou du Christ‑Époux. En donnant à l’un (le ministre) de tenir la place du Christ‑Tête, la présidence liturgique permet à tous (les fidèles) de remplir la fonction du Christ‑Corps et à chacun de participer réellement au mystère célébré. Un préside, tous célèbrent. La nouvelle traduction du Missel romain « Priez, frères et sœurs, que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant » nous le redit bien. 

De tout ce qui revient au prêtre, la Prière eucharistique occupe la première place, car elle est le sommet de la célébration (PGMR n°30). Viennent ensuite la prière d’ouverture, la prière sur les offrandes et la prière après la communion. Ces prières en « nous » s’adressent à Dieu au nom de tout le peuple. Sa manière d’être et de prononcer les paroles des prières doivent suggérer aux fidèles une présence vivante du Christ.

Le vêtement propre au prêtre célébrant est la chasuble portée sur l’aube et l’étole. Le siège de présidence est le signe de la fonction de celui qui préside l’assemblée et dirige sa prière, il doit donc être bien visible.

 Nous pouvons prier pour nos prêtres en reprenant la formule dite par l’évêque à la Messe chrismale : « Que le Seigneur répande sur eux ses dons en abondance, afin qu’ils soient les fidèles ministres du Christ souverain prêtre, et vous conduisent à lui, l’unique source du salut ».

Toute prière chrétienne, notamment la messe, débute par un signe, le signe de la croix. En effet, le prêtre après avoir vénéré l’autel et l’avoir encensé, rejoint le siège de présidence d’où il trace avec l’assemblée le signe de la croix.

 L’instrument du supplice de Jésus est devenu le symbole de la Rédemption, signe parfait de l’amour de Dieu pour nous et de l’amour du Fils incarné pour son Père, dans l’Esprit. En traçant sur nous le signe de la croix, nous nous rappelons que nous avons été sauvés et que, par la Croix, nous pouvons entrer dans l’intimité de l’amour des trois Personnes divines. C’est un acte de foi et l’Amen final est un assentiment, signe de solidité et de stabilité en cette foi trinitaire.

 Ce signe antique, sans doute le plus ancien dans la liturgie, nous rappelle notre baptême. Il est diversement exécuté par les chrétiens selon qu’ils sont orientaux ou occidentaux. Pour nous les catholiques occidentaux (latins), ce geste consiste à toucher successivement, du bout des doigts de la main droite, le front (l’intelligence), la poitrine (le cœur), l’épaule gauche puis l’épaule droite. Ce geste souvent réitéré selon les circonstances de vie n’est pas magique et ne peut donc pas devenir machinal.

 En définitive, commencer la messe ou la prière par ce beau signe, fait sans précipitation, ni affectation, c’est entrer dans le mystère de la foi. C’est célébrer la joie de notre espérance chrétienne. Que notre corps fasse transparaître notre cœur pour que jamais nos gestes ne se vident de leur sens.

« Le Seigneur soit avec vous ».

C’est par ces mots que commence la messe. Cette invitation du prêtre, attestée dès le III° siècle dans la liturgie, et la réponse des fidèles « et avec votre esprit », sont révélatrices de ce qu’est la liturgie : Dieu se donne par l’intermédiaire de ses ministres, et à ce don, répond la foi du peuple.

En saluant ainsi l’assemblée, le ministre ordonné s’inscrit dans la tradition de l’Ancien Testament, qui, en Exode 3, 12 assure par l’intermédiaire de Moïse la présence de Dieu au milieu de son peuple : « Je serai avec toi ».

En entendant cette phrase, c’est une parole forte que nous recevons : Dieu est avec nous, il fait en nous sa demeure, il nous anime, nous accompagne, nous choisit !

C’est aussi la parole par laquelle l’Ange Gabriel salue Marie (Lc1, 28). Le geste du prêtre, ouvrant largement les bras et les mains, manifeste le don de la présence de Dieu, qui enveloppe, embrasse toute l’assemblée dans un même mouvement d’unité et de communion.

La réponse, « Et avec votre esprit », est un acte de foi de l’assemblée dans la sacramentalité du ministre ordonné : c’est bien l’esprit de son ordination et sa capacité à agir en personne du Christ qui est attestée par les fidèles. C’est la grâce reçue au moment du sacrement de l’ordre qui permet au prêtre de mettre les autres en communication avec Dieu.

Deux autres formules de salutation peuvent être utilisées : « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint, soient toujours avec vous » (2 Co 13,13) ou « Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix » (2 Co 1,2).

Quand un évêque préside l’Eucharistie, il salue l’assemblée par « La paix soit avec vous », rappelant par-là les premières paroles de Jésus à ses apôtres après sa résurrection (Jn 20,19.21). Jésus avait ensuite envoyé ses apôtres en mission en leur donnant le souffle de l’Esprit. C’est ainsi que les évêques sont considérés comme les successeurs des apôtres.

En entendant cette invitation, c’est bien plus qu’un « bonjour » qui m’est adressé. Dieu fait en moi sa demeure. Quelle action de grâce !! Ma réponse ne peut venir du bout des lèvres.

Est-ce que je reçois cette communion de Dieu transmise par le prêtre ?

Est-ce que je dépasse la simple personne du prêtre pour y voir, dans la foi, celui que Dieu m’envoie pour me mettre en relation avec Lui ?

La préparation pénitentielle suit l’accueil des fidèles, elle fait partie du rite d’ouverture de la célébration. Le prêtre dit : «Préparons-nous à célébrer le mystère de l’eucharistie, en reconnaissant que nous sommes pécheurs». C’est toute l’assemblée qui se tourne vers le Père pour confesser qu’elle est faite de pécheurs et proclamer la miséricorde de Dieu, avant de s’approcher de la table de la Parole et de la table du Pain avec un cœur purifié. L’humilité confiante de nous reconnaître pécheurs nous remet, par l’action de l’Esprit, dans la lumière de la communion avec le Père et son Fils Jésus-Christ, et les uns avec les autres (Mt 5,24). Alors, «quoi que nous lui demandions, nous le recevrons de Lui» (1 Jn 3,22.)

 Quatre formes différentes de préparation pénitentielle ont été élaborées suite au Concile Vatican II :

– la récitation du «je confesse à Dieu»,

– le dialogue de supplication «Prends pitié de nous, Seigneur ! – Nous avons péché contre Toi. Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde. – Et donne-nous ton salut.»,

– la triple invocation «Seigneur…Ô Christ…, Seigneur…»,

– et enfin l’aspersion d’eau bénite en souvenir du baptême, recommandée pendant le Temps pascal.

La troisième formule est un rappel de ce que le Seigneur a fait pour nous sauver, non un examen de conscience moralisateur. Les invocations «Nous n’avons pas… nous n’avons pas su… nous avons oublié…» n’ont pas leur place.

 La préparation pénitentielle s’achève par la prière de rémission de nos péchés, prononcée par le prêtre, «Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde…». C’est donc bien le pardon de Dieu qui est offert à chaque membre de l’assemblée, ce qui nous rappelle que si le recours au sacrement de réconciliation est nécessaire pour les fautes graves, l’Église dispose de bien d’autres moyens pour apporter le pardon de Dieu à ceux qui se reconnaissent pécheurs. Celui-là en est un.

Avant de venir, ai-je pris le temps de faire le point sur la semaine écoulée ? Quels pardons ai-je envie de faire monter vers Dieu ? Quel est mon état d’esprit au début de la messe ?

On la dit au début de la messe, après la salutation liturgique et en observant auparavant quelques instants de silence consacrés à l’examen de conscience individuel. C’est l’une des 4 formes possibles de la préparation pénitentielle (voir la Minute Liturgie du 8 décembre).

Cette prière nous situe devant Dieu mais aussi, et c’est son originalité, devant nos frères et sœurs. C’est en assemblée que nous nous reconnaissons pécheurs et sauvés et que nous sollicitons le pardon divin. Mais le « je » engage notre responsabilité « en pensée, en parole, par action et par omission ». Notre péché vient de nos actes, mais aussi de nos « actes manqués » !

Comme le publicain qui se tient à distance et qui n’ose pas lever les yeux vers le ciel, nous nous frappons la poitrine en disant « oui, j’ai vraiment péché ». Plus que la poitrine, c’est le cœur que nous visons comme source même du péché, selon ce qu’a enseigné Jésus : «Ce qui sort de la bouche provient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Car c’est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations.» (Mt 15,18-19). 

La prière du « Confiteor » s’achève par une supplication adressée à la bienheureuse Vierge Marie, la première des élus, aux anges et à tous les saints, qu’illumine déjà la splendeur du Très‑Haut, et aussi aux frères et sœurs afin qu’ils intercèdent et prient pour nous.

La prière pénitentielle est omise si l’on chante la litanie des saints au cours de la messe, ou encore le Mercredi des cendres où l’imposition des cendres accompagnée de la parole « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » constitue un rite pénitentiel en lui-même, ou encore lors de l’entrée en catéchuménat où la signation des sens en tient lieu.

En disant cette prière, ai-je conscience que mes voisins prononcent les mêmes mots et demandent ma propre intercession ? Chaque histoire, chaque cœur est unique, mais nous sommes solidaires dans la prière et dans la grâce !

L’acclamation grecque Kyrie‑eleison signifie «Seigneur, prends pitié».

D’après la Présentation Générale du Missel Romain de 2002, le «Kyrie» est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde (Ps 4, 2 ; 9,14 etc.) à la fin de l’acte pénitentiel, à moins qu’il n’ait déjà trouvé place dans l’acte pénitentiel lui-même. 

On le trouve dès le IVème siècle dans la liturgie chrétienne, et l’usage se répand plus tard, dans l’Église latine, de lui ajouter «Christe‑Eleison». En principe, chaque acclamation est donnée deux fois, mais le missel permet explicitement qu’elles soient répétées davantage lorsque le chant ou les circonstances le suggèrent. On le retrouve aussi dans la litanie des saints, accompagné d’une intention de demande de pardon ou encore sous une forme plus développée faite d’invocations ou «tropes», qui remplace alors le «Confiteor».

Cette invocation trinitaire (la première s’adresse au Père, la seconde au Christ, la troisième à l’Esprit Saint) demande, alors que nous avons reçu le pardon de Dieu pour les fautes légères, que la miséricorde de Dieu prenne en charge nos besoins, surtout nos besoins spirituels.

La troisième forme de préparation pénitentielle (voir ML du 8 décembre) apparaît comme un développement du Kyrie. Par exemple : «Seigneur Jésus envoyé par le Père…». Dans ce cas, les invocations ont une portée christologique. On ne dit pas le «Je confesse à Dieu» avant.

Issu du mot «Kyrie», le «kyriale», ou «ordinaire de messe», désigne l’ensemble des chants Kyrie, Sanctus, Agnus Dei, Credo, d’abord en chant grégorien, puis, par extension, en langue vulgaire. 

Chanter «Kyrie» avec tout son cœur et toute son âme, sans rabâcher, c’est faire mémoire également des moments merveilleux où l’on a goûté aux joies profondes de l’expérience de Sa miséricorde ; c’est également, dès l’ouverture de la célébration, prendre l’attitude de tous ceux qui, à travers les évangiles, viennent se jeter au pied de Jésus en disant «prends pitié de moi !» et reconnaître le besoin que nous avons du secours du Seigneur et de sa grâce «car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire» nous dit Jésus en Jean 15, 5.

Ai-je conscience, au moment de ma demande de pardon, d’entrer dans un mouvement trinitaire ? Le Père, le Fils et l’Esprit s’invitent ainsi au cœur de ma vie, pour y mettre la vérité et la joie du pardon, et me relever.

Après le Kyrie et avant la prière d’ouverture, l’assemblée chante le «Gloire à Dieu». C’est une hymne très ancienne dont les premières paroles «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» reprennent le chant des anges lors de l’annonce de la naissance du Sauveur aux bergers. C’est ainsi que le Gloria est entré dans la liturgie pour la messe de la nuit de Noël avant d’être pris plus tardivement tous les dimanches à l’exception des dimanches de l’Avent et du Carême, et aux messes de solennités et de fêtes (même pendant l’Avent et le Carême quand il est de précepte).

Il est souvent entonné par le prêtre mais il peut l’être aussi par l’animateur de chant, le chœur ou même toute l’assemblée. Le Gloria est une hymne d’allégresse adressée aux personnes de la Sainte Trinité. On y énumère les attributs de Dieu, Roi du ciel et Père tout-puissant, puis les qualités du Fils, Agneau de Dieu, avant de finir par une brève évocation de l’Esprit Saint.

Le Gloria est chanté ou proclamé par tous debout, soit ensemble, soit en alternance, ou bien par la schola seule : il ne saurait être remplacé en tout ou partie par un autre texte, ni découpé par un refrain. 

En chantant ce rayonnement de la gloire de Dieu à travers la manifestation de sa présence invisible mais dynamique dans l’assemblée, je dois me rappeler que je suis appelé à partager cette gloire et que je dois y travailler.

Trois oraisons ponctuent le déroulement de la messe : la prière d’ouverture, la prière sur les offrandes et la prière après la communion. La première oraison, (qui est l’oraison des vêpres de la veille), est également appelée «collecte» du fait qu’elle rassemble la prière de toute l’Église et les prières de tous les fidèles. C’est pourquoi, après l’invitation à la prière adressée aux fidèles en ces termes «Prions le Seigneur», le prêtre-célébrant est tenu d’observer un temps de silence que chacun des fidèles remplit en exprimant à Dieu dans son cœur ses intentions particulières.

Il est préférable de la chanter plutôt que de la réciter.

Instructive et indicative du sens de chaque liturgie eucharistique selon le temps liturgique, la collecte fait mémoire des merveilles de Dieu pour les croyants, elle redit aux baptisés les raisons qui motivent la prière de l’Église ainsi que leurs demandes légitimes et enfin, elle supplie Dieu d’accorder à l’Église et à ses membres ses dons pour cette vie et pour l’éternité. Le prêtre chante la collecte les mains étendues et la conclut les mains jointes souvent par la formule longue «Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Toi dans l’unité du Saint Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles» ; soit, si la collecte s’adresse à Dieu le Père, mais avec mention du Fils à la fin : «Lui qui vit et règne avec Toi dans l’unité du Saint Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles» ; soit, lorsque la collecte s’adresse au Fils : «Toi qui vis et règnes avec Dieu le Père dans l’unité du Saint Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles». Tous répondent par un vigoureux «Amen» qui exprime notre confiance en Dieu et notre assentiment à la prière de l’Église. 

Ainsi s’achèvent les rites initiaux de la messe : l’assemblée est prête à recevoir les dons de Dieu que lui apporteront la liturgie de la Parole qui va suivre et la liturgie eucharistique.

La prière de la collecte rassemble nos prières… Je ne suis pas seul à la messe et c’est même tout un peuple qui se rassemble par-delà les frontières de cette église. Je m’unis, dans ce temps de prière, à l’Église tout entière qui célèbre son Seigneur.

« Quand vous avez reçu de notre bouche la Parole de Dieu, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement : non pas une parole d’hommes, mais la Parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants. » «(1 Th 2, 13)

On parle souvent des deux tables de la messe (la Table de la Parole : l’ambon, et la Table du Pain : l’autel) unies dans la célébration d’un seul et même mystère qui débouche sur le service de la Table du Frère (Diaconia). Avant de partager le Pain de Vie, l’assemblée des fidèles partage la Parole de Vie, non dans une écoute passive, mais dans un authentique dialogue spirituel, dans lequel le Seigneur s’adresse à chacun et chacune d’entre nous, et où nous lui répondons, ensemble, mais aussi chacun pour son propre compte, par le psaume, l’acclamation, la profession de foi et la prière universelle. Par ce dialogue nous manifestons que la Parole de Dieu est, pour nous, une Parole d’Alliance.

La réforme liturgique après Vatican II a considérablement remanié la liturgie de la Parole en l’ouvrant surtout à l’Ancien Testament. Le lectionnaire offre un choix très large de textes que nous écoutons en semaine, suivant les années paires ou impaires, et le dimanche, selon un cycle de trois années A, B et C.

 La première lecture, choisie pour la résonance, le contrepoint qu’elle apporte à l’évangile du jour. Cela nous relie à l’histoire de la foi dont nous sommes les héritiers à travers ses témoins au cours des millénaires.

 Le psaume qui suit cette lecture est qualifié de responsorial, ce qui indique bien sa fonction : il constitue notre réponse de croyants à la Parole que nous venons d’écouter avec les mots de nos pères dans la foi.

 La deuxième lecture nous introduit dans la foi des premiers chrétiens. Il s’agit le plus souvent d’un texte du Nouveau Testament : une épître (une lettre) ou un extrait des Actes des Apôtres (surtout dans le temps pascal) ou, plus rarement, de l’Apocalypse. Nous y découvrons le témoignage exemplaire, souvent émouvant, de ceux qui ont formé l’Église naissante, qui l’ont organisée, et surtout nous en ont transmis le contenu de foi et les sacrements.

Quels moyens je prends pour préparer les textes de la messe ? (missels, site ou appli AELF,…)

Suis-je «à l’écoute» ? (Il est recommandé fortement, si rien ne l’empêche, de ne pas lire dans son missel mais d’écouter le lecteur à l’ambon.) 

Et pourquoi ne pas en prendre quelques notes pour nourrir ma semaine ?

Le Verbe s’est fait chair, il a demeuré parmi nous (Jn 1, 10).

L’évangile n’est pas un texte comme les autres textes bibliques : c’est la Bonne Nouvelle (traduction littérale du mot grec evangelion) du salut proposé à tous les hommes et réalisé dans le mystère pascal par la mort et la résurrection du Christ. C’est le Ressuscité qui parle, aujourd’hui, à son Église et nous ouvre à l’intelligence des Écritures (Lc 24,13-35). C’est pourquoi l’évangile est écouté debout, en attitude de ressuscités. Il n’est pas lu, mais proclamé (et, si possible, chanté aux messes de solennités), par le diacre ou le prêtre. Pour manifester son importance, l’évangéliaire peut aussi être porté en procession, au début de la célébration ou seulement de l’autel jusqu’à l’ambon.

Lorsque le lecteur l’annonce : «Évangile de Jésus-Christ selon st N.», nous nous tournons vers lui et nous nous signons pour mieux le comprendre (sur le front), l’annoncer (sur la bouche), le recevoir, et en témoigner (sur le cœur). Nous l’acclamons avec un cri de joie (Alléluia ou autre acclamation pendant le Carême). Il est encensé parce qu’il est signe de la présence de Dieu, parole vivante, incarnée dans le Christ. C’est d’ailleurs ce que nous proclamons expressément dans l’acclamation « Louange à toi, Seigneur Jésus », notre réponse à la fin de sa proclamation.

 A chaque année liturgique (A, B, C), son évangile (Matthieu, Marc et Luc). Depuis le 1er dimanche de l’Avent, nous sommes dans l’année C et nous lisons l’évangile de Saint Luc qui insiste sur la miséricorde de Dieu et l’action de l’Esprit. Contrairement aux trois évangiles synoptiques qui sont une narration presque chronologique des récits et des enseignements de Jésus, le quatrième évangile (Jean) est beaucoup plus explicitement théologique. Il est proclamé lors de certaines fêtes et à des occasions précises de l’année liturgique.

Quels moyens je prends pour préparer les textes de la messe ? (missels, site ou appli AELF,…)

Suis-je «à l’écoute» ? (Il est recommandé fortement, si rien ne l’empêche, de ne pas lire dans son missel mais d’écouter le lecteur à l’ambon.) 

Et pourquoi ne pas en prendre quelques notes pour nourrir ma semaine ?

On pourrait croire, en entrant dans une église en dehors des célébrations, qu’il ne s’y passe rien ou presque rien. Et pourtant, à regarder de plus près, si l’on a pris soin de la maison de Dieu et des hommes, l’architecture et sa disposition disent déjà la rencontre avec Dieu. La présence des fleurs est de cet ordre ; elle dit que la Maison est habitée.

Fleurir l’église n’est pas simplement embellir un lieu, c’est aussi et surtout amener l’ensemble de la communauté à rendre grâce à Dieu pour la beauté de la création qu’il nous a offerte. La nature est diverse et varie en fonction des lieux et des saisons, entre l’abondance et le dénuement. De même, la composition florale reflétera au cours du temps liturgique l’abondance et le dénuement qui parsèment nos chemins de vie, nos chemins de foi.

Comment fleurir ?

Le bouquet s’inscrit dans une liturgie où il doit s’harmoniser avec les autres signes de la célébration.

C’est la raison pour laquelle le fleurissement se fait suivant une certaine place (autel ou ambon), une certaine technique, certaines couleurs, un certain ordre, allant du recueillement au rayonnement.

Par leur présence dans l’église, les plantes enracinent la vie spirituelle du croyant dans le temps liturgique et le cycle des saisons et offre au Seigneur « l’ovation du monde végétal ».

On comprend, dès lors, qu’il convient d’éviter l’emploi des fleurs artificielles.

N’y a -t-il pas en chacun de nous un regard de Dieu qui sait regarder ce qu’il nous offre ?

Une fleur n’est-elle pas ce superflu pour dire l’Essentiel ?

Un moment éphémère pour dire l’Eternel ?

Un langage universel pour dire notre Amour ?

Chantal Butor et Marie-Claire Pirson

Un appel :

Fleurir l’église est un service d’Église. Nous remercions chaleureusement Sophie qui a assuré ce service de manière discrète mais compétente pendant de nombreuses années. La paroisse fait appel à quelques personnes bénévoles qui accepteraient de prendre la suite pour le fleurissement de notre belle église. Une formation de base ou un accompagnement initial pourra être proposé par Chantal qui a fait partie de l’équipe diocésaine de Fleurir en Liturgie. 

Contact : P. Jean Népo

Tous les ans, le 2 février, l’Église catholique célèbre la Présentation du Seigneur (Jésus) au Temple de Jérusalem, lorsque le prophète Siméon reconnaît que Jésus est « la lumière qui se révèle aux nations ». Cette célébration a lieu 40 jours après Noël, elle clôt les solennités de l’Incarnation et annonce déjà le carême et Pâques.

Également appelée fête de la purification (de Marie), elle est plus connue sous le nom populaire de… Chandeleur, qui provient du mot chandelles, et dont l’origine est une fête païenne – la festa candelarum  (fête des chandelles) – christianisée probablement à partir du IVe siècle.

À cette occasion, on bénit des cierges, et l’on organise une procession pour débuter la messe. Par ce geste, nous nous souvenons que Jésus est Lumière du Monde.

C’est devenu aussi le jour des crêpes dont la tradition dit qu’elles étaient faites pour terminer la farine de l’année. Leur forme ronde et de couleur miel rappelle le disque solaire.

Par ailleurs, la présentation de Jésus au temple, consacré selon la prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes, et l’offrande suprême de la Croix. Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite. En 1997, le pape Jean-Paul II initie ce jour-là la première Journée de la vie consacrée.

En Orient la Présentation de Jésus au Temple est considérée comme une fête de Notre Seigneur. Les Orthodoxes la nomment « Sainte Rencontre ».

Et moi ai-je conscience de la dimension spirituelle de cette fête ?

Du sens de ce cierge béni de la chandeleur ? 

D’ailleurs, que vais-je en faire ?

Pour m’aider à répondre à la dernière question : le cierge béni est destiné à être rapporté chez moi ; je peux le mettre dans un endroit privilégié de mon foyer, par exemple dans le coin prière. Je le conserve et l’utilise pieusement puisqu’il a été béni, et constitue un rappel que Jésus, qui est la Lumière du monde, vient éclairer ma vie.

Dans son motu proprio Aperuit Illis – « Il leur ouvrit » qui fait référence au passage des disciples d’Emmaüs où Jésus leur « ouvre les Écritures » (cf. Lc 24,45), le pape François institue le 3ème dimanche du Temps Ordinaire, Dimanche de la Parole de Dieu. Le pape souhaite ainsi donner une place privilégiée à la Parole de Dieu et nous aider à comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant entre Dieu et son peuple. Il exhorte à « faire tous les efforts nécessaires pour former certains fidèles à être de véritables annonciateurs de la Parole. »

Proclamer la Parole de Dieu est un service, une mission, un ministère d’Église auquel certains sont appelés et qui nécessite à la fois un savoir-faire et un savoir-être. Aucun de nous n’est véritablement à la hauteur pour assurer ce service, mais Dieu a besoin de nous pour Se dire à nos frères ; il s’agit, en fait, de prêter sa voix au Seigneur. Le seul objectif du lecteur est que chaque membre de l’assemblée qui l’écoute soit touché dans son cœur et éveillé dans son intelligence.

La proclamation de la Parole, un ministère auquel les laïcs baptisés sont associés depuis le concile Vatican II, commande de comprendre que c’est le Christ qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. C’est pour cette raison que la principale recommandation consiste à prier le texte, tout au long de la semaine qui précède. Mais cela ne s’arrête pas là : il faut ensuite le lire à voix haute, car tout l’être participe à cette lecture dans une sorte d’alchimie secrète. Tout le monde n’est pas prêt pour ce ministère de la Parole et une bonne proclamation requiert une formation.

Si la démarche du lecteur vers l’ambon manifeste que nous vivons un acte « solennel » ; si son ton de voix – assez neutre – fait sentir que ce n’est pas sa propre parole ; si, après avoir prononcé la dernière syllabe, un silence de deux secondes est le signe que la Parole l’a touché, alors il aidera l’assemblée à comprendre que le Christ est là.

Question pour les lecteurs : à quand remonte ma dernière formation sur la proclamation de la Parole ?

Est-ce que je me sens appelé à ce ministère ? J’en parle aux prêtres ou à Catherine Allot, responsable de ce service.

Après les lectures, voici l’homélie : elle fait partie de la charge d’enseignement du prêtre, qui peut être déléguée au diacre. Son but est d’approfondir ce que l’on vient d’entendre, de l’actualiser afin d’encourager les fidèles à mettre en pratique l’enseignement du Christ : comment le vivre, que nous dit-il pour nous aujourd’hui ? Il ne s’agit pas de discours moral, ni d’une tribune pour exposer des idées personnelles mais de relever les «pointes» de la Parole de Dieu et d’interpeller l’auditoire sur ce que cette Parole lui dit aujourd’hui.

La Présentation Générale du Missel Romain nous rappelle que l’homélie «est nécessaire pour nourrir la foi chrétienne». Elle nous prépare ainsi à une participation authentique à la Table eucharistique qui va suivre et à la communion au Christ.

Le sens étymologique du mot «homélie» désigne une conversation familière en famille, en société. Nous pouvons penser à Jésus, cheminant avec les pèlerins d’Emmaüs, leur interprétant à partir de toute l’Écriture, ce qui le concernait (Lc 24,17). L’Église a gardé aussi comme un trésor les homélies des Pères de l’Église. Dans ces «sermons», on voit le caractère direct et familier de la conversation.

Une homélie se prépare car, nous dit le pape François, elle «est la pierre de touche pour évaluer la proximité et la capacité de rencontre d’un pasteur avec son peuple.» Dans son exhortation apostolique La Joie de l’Évangile, François rappelle aux prêtres la nécessité de prendre le temps de l’étude, de la prière et de la rumination de la Parole, avec «la conviction que c’est Dieu qui veut rejoindre les autres à travers le prédicateur, et qu’il déploie sa puissance à travers la parole humaine » EG 136

Il est bon que l’homélie soit suivie par quelques instants de silence.

Sachant que le prêtre a passé des heures de travail et de méditation pour préparer sa prédication, que tous n’ont pas le même talent d’orateur, suis-je suffisamment «ouvert» pour être persuadé que Dieu me parle aussi à travers l’homélie ?

Si j’ai été touché par ce que le prêtre a dit, lui en suis-je reconnaissant ? Et, le cas échéant, est-ce que je lui en fais part ?

Pourquoi ne pas avoir à portée de main un crayon pour noter une idée au passage ?

Le dimanche et les jours de solennité, après l’homélie et un temps de méditation, le prêtre invite l’assemblée à se lever pour dire ou chanter la profession de foi. Nous répondons ainsi à la Parole que nous avons entendue.

Il y a le choix entre deux formules : le Symbole des Apôtres et le Credo de Nicée-Constantinople (auxquels nous consacrerons les prochaines Minute Liturgie). Les deux textes du Credo sont comme le résumé, le condensé de la foi catholique reçue de génération en génération. On ne peut ni ôter, ni modifier, ni remplacer le texte.

A la Vigile pascale, la profession de foi se fait, comme au jour du baptême, sous forme dialoguée.

Au cœur de l’assemblée, c’est le « je » qui s’exprime : JE crois. Mais c’est avec les autres que je crois. Acte de foi communautaire, le Credo exprime la dimension trinitaire de notre foi (Père, Fils et Esprit). Cet acte de foi se conclut par la foi en l’Église qui nous mène au Salut (la résurrection de la chair, la vie éternelle). Il ne se marmonne pas, ne s’expédie pas non plus. L’ »Amen » final dit notre adhésion pleine et entière.

Croire que… et Croire en…

“Je crois que…” exprime une opinion et désigne un assentiment imparfait, qui, comme l’opinion, comporte des probabilités. « Croire en » consiste à faire crédit, à se fier à une personne, à lui faire confiance. Croire en Dieu, c’est avoir confiance en Lui, c’est avoir la foi. À la différence de la croyance, la foi ne s’oppose pas à la raison : « La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. » (Jean-Paul II, Foi et Raison, introduction).

Le « Je » du Credo m’engage. Ai-je déjà pris le temps de relire ce texte à tête reposée, de me former sur ce texte riche qui résume la foi ?

Et pour ceux qui n’arrivent pas à croire tout ce que dit le Credo : le réciter et le méditer avec confiance en Dieu leur permettra un jour de mieux le comprendre.

Et que chacun cherche à croire pour mieux comprendre et s’efforce de comprendre pour mieux croire !

Le premier prototype de notre Credo, nous le retrouvons chez saint Paul : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres » (1 Cor 15, 3-7).

Les premières affirmations écrites des fondements de la foi chrétienne apparaissent vers l’an 140 dans les catéchèses et les œuvres des différents Pères de l’Église, tels que Tertullien et saint Cyprien de Carthage, ou dans les recueils des canons de l’Église d’Alexandrie en Égypte.

Rufin d’Aquilée, prêtre romain au IVème siècle, nous transmet une très ancienne profession de foi de l’Église de Rome. Il affirme que ce symbole a été rédigé par les Apôtres lors de leur rassemblement à Jérusalem. C’est ce symbole, dans sa rédaction du VIème siècle, que nous retrouvons actuellement dans notre missel.

Mais qu’est-ce qu’un symbole ? A l’origine, c’est un morceau de terre cuite coupé en deux dont les parties réunies plus tard permettent aux détenteurs de se reconnaître. Ce texte porte le nom de Symbole parce qu’il unit les chrétiens dans la confession d’une même et seule foi (Ep 4,5)

Lors du catéchuménat des adultes, il y a une transmission solennelle par la communauté du symbole de la foi à celui qui s’est engagé sur la voie du Christ. Le symbole de la foi est une partie intégrante de l’initiation chrétienne.

Quand nous le proclamons à la messe, pensons-nous à l’origine de ce que nous déclarons ? Nous sentons-nous vraiment rattachés aux apôtres ?

Pensons à tous ceux qui ont donné leur vie pour nous transmettre les mots de la foi telle qu’ils l’ont reçue et ayons à cœur à notre tour de la proclamer.

Les Pères de l’Église ont toujours eu un grand souci de transmettre avec justesse l’enseignement du Christ reçu des Apôtres aux chrétiens, et tout spécialement aux catéchumènes de leurs communautés. Ils devaient les préserver des erreurs ou de l’influence de certains courants philosophiques ou spirituels qui pouvaient le déformer et le pervertir.

Face aux différentes hérésies, en particulier celle d’Arius, un prêtre d’Alexandrie au IVème siècle qui niait la divinité du Christ, un premier concile œcuménique s’est réuni en 325 à Nicée, dans l’actuelle Turquie. L’année jubilaire que nous fêtons cette année est l’occasion de célébrer le 1700ème anniversaire de ce concile. L’article sur le Fils a donc été développé pour affirmer qu’ «il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père.»

Remarquons que, pour la première fois, les Pères de l’Église vont faire appel à un terme non biblique mais philosophique pour exprimer au mieux la Révélation. Le Fils est «consubstantiel au Père», c’est-à-dire de la même substance divine que le Père. Nous disions «de même nature que le Père» jusqu’en décembre 2021 mais la nouvelle traduction du Missel romain trancha pour l’utilisation du terme «consubstantiel» qui rend le sens originel.

En 381, un second concile s’est réuni à Constantinople pour définir cette fois la divinité de l’Esprit-Saint qui était remise en cause par certains. Comme Dieu, il est Seigneur, il donne la vie ; il procède du Père et, avec le Père et le Fils, il reçoit la même adoration et glorification.

C’est ainsi que nous avons le Credo dit de Nicée-Constantinople, qui, au contraire du symbole des Apôtres, est commun à la plupart des confessions chrétiennes, et dit notre unité.

En ce premier dimanche de carême, prions pour tous les catéchumènes qui ont découvert la foi en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit. Lors de la «célébration de l’appel décisif», ils seront désormais admis à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne aux prochaines fêtes de Pâques.

La réforme liturgique de Vatican II a rétabli une structure de dialogue dans la célébration de la messe. C’est ainsi que « dans la prière universelle, ou prière des fidèles, le peuple répond à la parole de Dieu reçue dans la foi et, exerçant la fonction de son sacerdoce baptismal, présente à Dieu des prières pour le salut de tous » (Présentation Générale du Missel Romain n° 69). C’est le moment privilégié où s’exerce le « sacerdoce commun des fidèles », où les baptisés participent à l’unique sacerdoce du Christ.

La prière universelle est une très ancienne tradition liturgique. Elle trouve son origine dans une lettre de saint Paul à Timothée (1 Tm 2, 1-4) : « J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’Etat et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. »

La prière des fidèles comporte une invitation du célébrant, une série d’intentions dites à l’ambon ; après chaque intention, l’assemblée prie en chantant une acclamation ou simplement en restant en silence ; à la fin, le prêtre conclut par une oraison. Les intentions seront habituellement : pour les besoins de l´Église, pour les dirigeants des affaires publiques et le salut du monde entier, pour ceux qui sont accablés par toutes sortes de difficultés, pour la communauté locale.

La prière des fidèles conclut la liturgie de la Parole et nous mène à la liturgie eucharistique qui est l’intercession par excellence pour le salut de tous les hommes.

La prière universelle n’est pas réservée à la messe avec assemblée mais à d’autres actions liturgiques de l’Église sous une forme plus adaptée.

Sitôt la prière universelle achevée, tous s’assoient, et la liturgie eucharistique commence par la « préparation des dons », juste dénomination depuis la réforme liturgique de Vatican II qui devrait remplacer le terme « offertoire ». Ce changement de terminologie veut rappeler que le grand et unique moment d’offrande de la messe est celui où le Christ lui-même s’offre à son Père et nous offre avec lui dans la prière eucharistique.

Il est important de noter que, jusqu’à ce moment, l’autel est juste recouvert d’une nappe, et orné de la croix et des cierges. C’est seulement après la procession que l’on peut déposer les « vases sacrés » (la patène, le ciboire et le calice).

On apporte donc à l’autel le pain et le vin, c’est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains, et qui deviendront pour nous le Corps et le Sang du Christ. L’usage recommandé est de faire présenter les offrandes par des fidèles pour symboliser l’offrande de toute l’assemblée, présentée au prêtre pour qu’il l’offre à Dieu. Le diacre ou le prêtre dépose ensuite le pain et le vin sur l’autel.

La préparation des dons est bien sûr une action extérieure, nécessaire au déroulement de la liturgie, mais elle est une démarche essentiellement intérieure. Si un chant accompagne la procession, les paroles doivent exprimer ce qui se passe : le don du pain, du vin et de nos vies.

Ainsi, chacun de nous, avec ses joies et ses peines, est offert au Seigneur. C’est donc le moment pour nous aussi, de présenter au Seigneur, avec le pain et le vin, tout ce qui fait notre vie. Je peux bénir le Seigneur pour ce que je suis et me préparer à me laisser transformer par lui.

Pendant la présentation des dons, la quête est faite parmi les fidèles avant d’être déposée au pied de l’autel. Il n’est pas rare, selon les régions ou cultures, que cette offrande se fasse de manière concrète, par l’apport de produits en nature. Selon les époques ou les lieux, ces offrandes servaient au clergé ou au soin des plus pauvres, et nous avons réinstitué chez nous cette tradition par le « panier du frère ».

Dans des circonstances plus solennelles, l’offrande de produits de la terre signifie que toute la création est appelée à être sauvée par le sacrifice du Christ qui vient tout réconcilier.

La quête n’est pas pour le prêtre mais est destinée à la paroisse, et représente environ 30 % du budget annuel. Au-delà d’une simple « aumône » c’est la participation régulière des chrétiens à la vie de l’Église locale (à distinguer du denier, affecté exclusivement au traitement des prêtres et laïcs en responsabilité ecclésiale). En donnant chaque dimanche, c’est notre « maison » et notre « famille » que nous faisons vivre.

Plus spirituellement, ce moment particulier de l’offertoire associe l’offrande mystique (le pain et le vin) à l’offrande concrète (le fruit du travail des hommes). On peut donc vivre ce moment comme un moment de partage concret et une prière d’action de grâce pour les dons reçus de Dieu : « fruit de la terre (don reçu) et du travail des hommes (partage) ».

Lorsque passe le panier de la quête, c’est mon offrande ainsi que la qualité de ma participation que je dépose. Cette qualité n’est pas dans le montant de l’offrande, et heureusement, mais bien dans l’esprit avec lequel je dépose cette offrande. Pourquoi ne pas préparer dans la semaine cette somme, en lui donnant toute sa valeur : celle d’un cœur offert, et même si le don est « modeste », il est sacré, puisque offert avec amour…

 (baptême, mariage, confirmation, obsèques) et à la liturgie des Heures (laudes et vêpres). Dans le même sens, elle est parfois remplacée par la Litanie des Saints.

Une succession d’intentions et de refrains peut n’avoir de prière que le nom. Respecter une part de silence aidera à la faire résonner intérieurement. Prier m’engage… Comment est-ce que je m’associe aux intentions qui sont lues ?

Suggestion : Des intentions de prière pourraient être proposées par les paroissiens à l’équipe liturgique, après un temps de partage des textes du dimanche ou selon l’actualité locale, nationale ou internationale.

Après la préparation de l’autel par le diacre ou le prêtre, le célébrant tient des deux mains, la patène avec l’hostie puis le calice contenant du vin, un peu au-dessus du corporal au milieu de l’autel en les présentant à Dieu. Il dit la prière de bénédiction issue de la tradition juive « Tu es béni Seigneur, Dieu de l’univers, Toi qui nous donnes ce pain (ou ce vin), fruit de la terre et du travail des hommes… » et l’assemblée répond « Béni soit Dieu maintenant et toujours ».

Éléments de base de l’alimentation chez nous, le pain et le vin offerts sont d’abord des dons de Dieu. Dans ce geste de présentation, notre cœur retourne à Dieu en louange pour ce qu’il nous a donné. Mais le pain et le vin n’existent pas à l’état naturel : le blé et le raisin sont transformés par l’homme pour produire le pain et le vin qui, par la consécration, deviendront le pain de la vie et le vin du Royaume. Une telle « synergie » entre Dieu et l’homme trouve toute sa dimension dans la liturgie, qui est un acte commun entre Dieu et son Peuple pour la célébration de son alliance.

Humilité de Dieu qui choisit de si faibles moyens pour révéler son Amour !

A la présentation du pain et du vin sur l’autel, présentons notre vie, notre travail de la semaine. Bénissons le Créateur pour tous ses dons et pour ce que nous sommes.

Cette célébration ouvre la semaine sainte en faisant mémoire de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem. Les récits évangéliques mentionnent ce moment où Jésus est acclamé par la foule aux portes de la ville sainte, jetant devant lui des manteaux pour couvrir le sol et agitant des palmes en chantant « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».

La liturgie fait écho à ce récit en commençant dehors, sur le parvis de l’église. Après la lecture de l’évangile, le prêtre bénit les rameaux que les fidèles emporteront chez eux ensuite. Nous voulons acclamer et suivre Jésus comme notre Roi.

Nous voulons aussi le suivre quand il marche vers sa mort. C’est ce que nous faisons en entrant dans l’église derrière la croix et en écoutant le récit de la Passion : quel qu’en soit le prix, Jésus va jusqu’au bout de son amour pour les Hommes et pour Dieu son Père. Sur la croix, il donne sa vie pour ses amis.

Mais les chrétiens croient que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Le buis, ou autre branchage qui reste vert, dit cette confiance en la Vie plus forte que la mort.

Il est coutume d’orner les croix de nos maisons ou des tombes avec ces rameaux bénis. Prenons garde cependant à ne pas en faire un objet de superstition ou de magie : la vraie protection de Dieu pour nous vient de son Amour infini, et le meilleur moyen de vivre cet Amour est de déployer en nous la grâce du baptême, en vivant dans la charité envers tous et en nous nourrissant de l’Eucharistie chaque dimanche, et de la Parole de Dieu chaque jour.

En rapportant mes rameaux à la maison, puis-je en partager une branche avec un voisin, un ami, une personne isolée ? Signe de communion et d’attention aux autres, ce rameau sera alors porteur de paix.

 « Qu’éclate dans le ciel ! » : C’est par cette exhortation qui commande aux Anges de se réjouir que commence l’annonce solennelle de la Pâque. Au cœur de la nuit de la Résurrection, nous avons suivi la flamme du cierge pascal représentant Jésus qui traverse et vainc les ténèbres des enfers et de la mort. Nous nous sommes rappelé le peuple d’Israël traversant la Mer Rouge, guidé dans la nuit par la colonne de lumière et marchant vers la terre de liberté. Par l’Exultet, chanté normalement par le diacre, c’est toute l’Eglise qui se réjouit d’avoir été choisie comme le nouveau peuple de Dieu. Exultet vient du latin exultare, « se réjouir vivement « , « éprouver une joie si intense qu’on ne peut la dissimuler ».

 Oui, le Christ est venu nous sortir de nos ténèbres, nous arracher des ténèbres de la mort et nous donner la lumière de la Vie. Oui, le Christ est ressuscité ! Il est Vivant ! Voici le cœur de notre foi, la source de notre joie. C’est pourquoi, nous restons debout, notre cierge allumé en main. Nous chantons « l’Amour infini de notre Père » qui a livré son Fils pour nous racheter de l’esclavage du péché, la « victoire qui unit le ciel à la terre « , la victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de la vie sur la mort.  

Que cette joie, cette exultation nous accompagne tout au long de ce temps pascal. Et même si notre humanité nous empêche encore de comprendre complètement cet ineffable mystère de notre salut, là où nous en sommes, laissons-nous guider par la prière de l’Eglise, notre Mère et réjouissons nous avec les nouveaux baptisés. Sainte et Joyeuse fête de Pâques !

Au début de l’offertoire, le prêtre ou le diacre verse une goutte d’eau dans le calice en disant à voix basse : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. »

 Cette adjonction d’eau, dont Saint Justin fait déjà mention au IIème siècle, a surtout reçu une valeur symbolique. Elle exprime l’union de l’Église au sacrifice du Christ. Petite goutte d’eau,  notre humanité a la joie de ne plus faire qu’un avec ce qui va devenir corps et sang du Christ à la consécration. Cette petite goutte d’eau dans le calice, c’est nous !

Si ce rite peut passer inaperçu, il nous rappelle cependant que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ». Mais attention ! La divinisation qu’opèrent en nous les sacrements ne nous perd pas en Dieu comme la goutte d’eau se dissout dans l’océan. Dans  l’alliance personnelle avec Dieu, nous devenons plus que jamais nous-mêmes. 

Au moment où l’eau est versée dans le calice, je peux rendre grâce pour être incorporé au Christ. Mais c’est aussi tous ceux qui m’entourent qui sont « Un » avec le Christ. Occasion à nouveau de présenter à Dieu notre humanité toute entière.

Aussitôt après avoir présenté le pain et le vin, le prêtre s’incline profondément dans un geste d’humilité et dit à voix basse « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous : que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi ». Issue du livre de Daniel, cette prière souligne l’indignité de celui qui célèbre mais aussi la confiance en Dieu qui ne repousse jamais un cœur pénétré d’humilité.

Puis « le prêtre peut encenser les dons placés sur l’autel, puis la croix et l’autel lui-même, pour signifier que l’oblation de l’Eglise et sa prière montent comme l’encens devant la face de Dieu » (PGMR n°75). Pendant le temps pascal, le cierge pascal sera lui aussi encensé. Un autre ministre encense le prêtre puis l’assemblée. Les acteurs et les objets de la liturgie entrent dans la nuée, signe de la présence de l’Esprit Saint, évoquée par la fumée de l’encens.

Ensuite vient le rite du lavement des mains ou « lavabo », mot latin signifiant : « Je laverai ». Son nom est emprunté au Psaume 25 que le prêtre récitait tout en se lavant les mains, avant la réforme liturgique : « Je me laverai les mains dans l’innocence et je tournerai autour de ton autel, Seigneur… »

Le sens de ce geste est clair : au moment où il va offrir le sacrifice eucharistique, le prêtre demande à Dieu lui-même de le purifier : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, purifie-moi de mon péché ».  

Au moment où s’incline le prêtre et où il se lave les mains, je peux adopter cette même attitude d’humilité pour me préparer à la prière eucharistique.

Après le geste du lavabo, le prêtre introduit la prière sur les offrandes en disant, au choix :

 – « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église », et les fidèles répondent : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Ou, avec la nouvelle traduction du Missel, plus fidèle au texte latin :

– « Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant », à quoi les fidèles répondent « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise ».

Cet échange entre l’assemblée et le célébrant montre que la prière eucharistique qui va suivre n’est pas le discours du prêtre s’adressant à Dieu de manière solitaire, ni même la prière de l’assemblée réunie. Non, le sacrifice eucharistique engage l’Eglise et le monde en entier.

Les textes de la prière sur les offrandes varient selon les dimanches mais ils chantent tous l’admirable échange qui va se réaliser : les dons reçus de Dieu sont appelés à devenir, par l’action de l’Esprit Saint, Dieu lui-même que, dans un même mouvement, nous recevons et nous offrons à Dieu.

Dans l’offrande du pain et du vin, c’est bien une offrande de toute notre vie qui s’accomplit et elle s’ouvre à la dimension du salut universel. Ce qui se vit là concerne le monde entier ! Je fais mienne cette prière en répondant fermement « Amen ».

C’est maintenant que commence ce qui est le centre et le sommet de toute la célébration : la Prière eucharistique.

Elle est introduite par un dialogue entre le prêtre et l’assemblée pour montrer que l’un et l’autre ne font qu’un dans l’offrande du sacrifice.

 Après la salutation liturgique habituelle « Le Seigneur soit avec vous », le prêtre dit «Élevons notre cœur » et l’assemblée répond « Nous le tournons vers le Seigneur ».

On retrouve la trace de ce dialogue dans la Tradition apostolique écrite à Rome par Saint Hippolyte en 215. Saint Cyrille vers 350 commente cette invitation à l’élévation du cœur ainsi : « Alors on doit vraiment à ce moment avoir le cœur élevé vers Dieu et non pas en bas, du côté de la terre et de ses préoccupations terrestres…il faut alors abandonner tous les soucis de cette vie, tous les chagrins domestiques, pour tenir le cœur dirigé vers le Dieu du ciel qui aime tous les hommes ».

Ce dialogue représente l’élan de l’homme vers Dieu, la montée de l’assemblée à la rencontre de son Dieu. Mais ce n’est pas grâce à nos propres forces que nous goûtons les biens d’en-haut, c’est Dieu lui-même qui nous élève jusqu’à lui. C’est pourquoi le dialogue se poursuit : « Rendons grâce au Seigneur notre Dieu », expression typique des liturgies juives de louange et bénédiction mais qui va devenir spécifique du sacrifice de la nouvelle Alliance, à la suite de Jésus rendant grâce à la dernière Cène, au moment où il institue l’Eucharistie.

Rendre grâce signifie en grec « faire eucharistie ».

Et nous répondons : « Cela est juste et bon ». C’est justice de rendre notre action de grâces à celui dont nous serons toujours redevables, car la justice nous fait rendre à chacun ce qui lui est dû, mais jamais nous ne pourrons assez le remercier et le louer.

Peut-être avons-nous été distraits par la quête, la procession des offrandes. C’est le moment de se ressaisir pour correspondre à ce qui va se passer au cours de la prière eucharistique. Que notre réponse soit vraie, que nos cœurs soient tournés uniquement vers le Seigneur, en nous réjouissant de la présence de chacun, prêtres et fidèles.

Après le dialogue initial entre le prêtre et l’assemblée, la prière eucharistique commence par la prière de la Préface, récitée par le prêtre et introduite par « Vraiment, il est juste et bon… »

Le mot « préface » signifie « préambule » ou « avant-propos ».

La prière eucharistique cherche à unir toute l’assemblée au Christ dans la confession des merveilles de Dieu et dans l’offrande du sacrifice. Comme première étape de la prière eucharistique, la Préface est ainsi essentiellement une action de grâce : « Le prêtre, au nom de tout le peuple saint, glorifie Dieu le Père et lui rend grâce pour toute l’œuvre de salut ou pour un des aspects particuliers, selon la diversité des jours, des fêtes ou des temps ». (Présentation Générale du Missel Romain).

Les Préfaces sont toutes bâties suivant le même schéma, en trois parties :

  • Une reconnaissance de la louange due au Père par le Christ Jésus (forme fixe)
  • Le motif d’action de grâce que souligne la célébration (forme variable selon les jours ou circonstances)
  • L’introduction au Sanctus (forme fixe)

« La partie variable de la Préface (la partie centrale) constitue un remarquable condensé du mystère célébré. En regroupant les formules propres des quelque quatre-vingts Préfaces contenues dans le Missel romain, on obtient un riche résumé du Mystère de l’Alliance que l’Eglise ne cesse de célébrer ». (Dom Robert Le Gall, La Messe au fil des rites).

Pourquoi ne pas étudier de temps en temps une des préfaces du missel ? Ces textes magnifiques viendraient nourrir ainsi notre prière personnelle. (on les trouve facilement pour chaque jour dans le « Magnificat » ou le « Prions en Eglise »).

La tradition du Sanctus remonte au IIe siècle. Cette acclamation, tirée de la récitation juive des bénédictions du matin, reprend le chant des séraphins que le prophète Isaïe voyait dans le temple et qui se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers » (Is 6,3). La liturgie chrétienne lui a ajouté, au VIe siècle, l’acclamation de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !  » (Mt 21,9), Hosanna signifiant « Sauve-nous, de grâce ! ».

L’importance de ce chant tient au fait qu’il nous fait prendre conscience que la liturgie célébrée n’est pas uniquement celle de la terre : « toute l’assemblée, s’unissant aux puissances d’en haut, chante le Sanctus » nous dit la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR 2002, n°79b), c’est-à-dire que le ciel tout entier, avec les anges et les saints, s’y investit. L’Eucharistie est une liturgie céleste, une Divine Liturgie, comme la nomment nos frères orthodoxes. Par elle, avec les anges, nous saluons le Fils de Dieu venant nous communiquer les fruits de sa Passion et de sa Résurrection dans l’Eucharistie. Nous lui demandons de venir nous sauver, en chantant comme pour mieux le désirer vraiment.

Par une heureuse et (providentielle ?) coïncidence, cet article sur le Sanctus arrive alors que nous venons de fêter l’Ascension. Cela nous permet de mieux comprendre le lien entre la liturgie que nous célébrons ici-bas et la liturgie céleste. L’auteur de la lettre aux Hébreux (2ème lecture de l’Ascension) célèbre dans l’ascension du Christ l’entrée du grand prêtre de la Nouvelle Alliance dans le sanctuaire éternel. Et nous, membres du Corps du Christ, nous ne pouvons être séparés de notre Tête. La liturgie ne cesse de dire que le Christ est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité, et nous y préparer une place.

Ne réduisons pas cette montée de Jésus auprès de son Père à un moment historique mais laissons-nous entraîner par le Christ qui veut nous élever avec Lui dans sa gloire, auprès du Père.

« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » Ce qui se joue à l’Ascension ne sera accompli que lorsque tous les membres du Corps du Christ auront été attirés vers le Père et vivifiés par son Esprit : A nous de retourner dans notre Galilée pour annoncer cette vie divine offerte à toute l’humanité.

Le mot « épiclèse » signifie littéralement un « appel-sur ». Mais qu’est-ce qu’on appelle et sur quoi on appelle ?

Pendant la messe, une première épiclèse est l’appel de l’Esprit Saint sur les dons ou offrandes pour les faire changer de substance (transsubstantiation), les consacrer, c’est-à-dire les rendre saints. Après avoir proclamé la sainteté de Dieu en chantant le Sanctus, et juste avant de commencer le récit de l’institution, le prêtre dit : « Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit, qu’elles deviennent pour nous le Corps et le Sang de Jésus le Christ, notre Seigneur » (Prière Eucharistique II).

Il y a ensuite une deuxième épiclèse, dans la deuxième partie de la prière eucharistique, après l’anamnèse, sur l’assemblée, afin de réaliser l’unité du corps mystique grâce à la communion au corps eucharistique du Christ : « Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au Corps et au Sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul Corps ».

En même temps que le prêtre prononce ces paroles, il étend les mains sur les offrandes, ou sur le peuple. Ce geste de l’imposition des mains est un geste liturgique d’origine très ancienne par lequel est signifié le don de l’Esprit Saint. Au cours de la messe donc, pendant les deux épiclèses, le président et les concélébrants imposent les deux mains sur les offrandes. Ce geste, accompagné des paroles, appelle l’action consécratoire du Saint-Esprit. Sans l’intervention de l’Esprit Saint, aucune eucharistie ne peut être célébrée.

En ce jour de Pentecôte, cinquantième jour après la résurrection du Christ, nous fêtons l’événement fondateur de l’Eglise : l’effusion de l’Esprit sur les Apôtres et l’envoi en mission. Et ce même geste d’appel et de don de l’Esprit Saint sera fait par le président et les concélébrants sur les 380 adultes qui seront confirmés au cours du week-end : la Loi nouvelle est promulguée en répandant l’Esprit dans les cœurs des croyants pour qu’ils soient envoyés en mission. Mais n’oublions pas que lors de chaque messe l’Esprit est appelé pour œuvrer à l’unité du Corps du Christ qu’est l’Eglise.

Au moment où le prêtre prononce ces paroles, je m’y associe avec le ferme désir que nous soyons tous UN avec le Christ. Quelle est ma part pour former une communauté unie ?

Le mot « Trinité » n’apparaît pas dans l’Écriture et il a été formulé au IIIème siècle par un théologien, Tertullien, pour rendre compte de la foi. Il s’agissait d’exprimer l’unité et la distinction en Dieu en s’appuyant notamment sur un verset de l’Evangile de Jean (Jn 10,30) « Moi et le Père sommes un ». Dès le début aussi, les disciples ont suivi la parole de Jésus en baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (Mt 28, 19). 

Le mouvement de la liturgie est trinitaire : l’Esprit-Saint nous unit au Christ pour que nous puissions rendre un culte véritable au Père, comme nous le fait dire la grande doxologie à la fin de la prière eucharistique : « Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles ». Toutes les prières de la messe, de la même manière, sont adressées au Père, par le Christ, dans l’Esprit : « Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec Toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles »

Au-delà du côté dogmatique, la Trinité est un mystère qui nous fait vivre : si nous sommes membres de l’Eglise-Corps dont la tête, le Christ, est auprès du Père, alors la communion d’amour du Père, du Fils et de l’Esprit nous est ouverte, en particulier par l’Eucharistie. 

Le sens même de la liturgie est de nous introduire dans une relation filiale au Père à travers la médiation du Fils et de l’Esprit. Je rends grâce pour ce don et pour les frères et sœurs qui me sont donnés.

La prière eucharistique n°1 fait partie des quatre grandes prières eucharistiques utilisées habituellement depuis la réforme liturgique de 1969, où sont énumérées les raisons de rendre grâce au Père pour le Salut opéré en Jésus Christ dans la puissance de l’Esprit Saint.

Appelée aussi Canon Romain (du grec canon qui signifie « règle », « norme »), la Prière eucharistique n°1 vient de la décision des évêques dès les premiers siècles de codifier la prière des clercs pas toujours bien « inspirés » au cours de la messe. Utilisée dès le IV° siècle, du temps de Saint Ambroise en 397, mais sans doute aussi avant, elle a été jusqu’en 1969 l’unique formulaire de prière eucharistique.

Plus longue que les autres prières eucharistiques, son accent porte sur la prière pour l’Eglise et sur la dimension du sacrifice de l’eucharistie en rappelant les sacrifices offerts depuis Abel le Juste. En s’achevant sur la vision de l’Ange portant l’offrande eucharistique sur l’autel céleste en présence de la gloire de Dieu, elle nous fait parcourir toute l’histoire sacrificielle de l’humanité, de la Genèse à l’Apocalypse.

Elle s’identifie aussi par les deux listes de saints et saintes qui la composent, premiers papes martyrs ou premières femmes martyres des premiers siècles.

Nous unir au sacrifice du Christ ne consiste pas à souffrir à notre tour sa Passion sanglante mais à dire avec lui, dans la vérité de notre être filial reçu par le don de l’Esprit Saint au baptême : « Me voici, Père, je viens, par ton Fils, faire ta volonté. »

Après tous les dimanches de juin marqués par des solennités (Pentecôte, Trinité, Saint Sacrement et encore aujourd’hui la fête de saint Pierre et saint Paul), nous avons peut-être perdu de vue que nous étions entrés, à la Pentecôte, dans la deuxième partie du temps dit « ordinaire » qui courra jusqu’à l’Avent. La première partie du temps ordinaire nous a menés du Baptême du Seigneur au Carême.

« Ordinaire » est à prendre au sens d’habituel, de familier, proche du déroulement quotidien de l’existence. On n’y célèbre pas un aspect particulier du mystère chrétien mais on y chemine au fil des jours vers le Père, dans la lumière du Christ, sous la motion de l’Esprit. Ce temps n’est donc pas synonyme de quelconque. Au contraire, il constitue un défi d’envergure, pour rester dans la fidélité, sans tomber dans la routine, dans une culture ambiante qui valorise l’événementiel et ignore la vertu de répétition.

L’alternance des temps spécifiques et du temps ordinaire permet de donner du souffle et du rythme à nos vies mais chaque dimanche nous célébrons le mystère du salut en Jésus Christ, nouveauté toujours radicale qui vient féconder nos vies.

Le vert est la couleur liturgique du temps ordinaire. Le mot vient du latin viridis : « verdoyant, florissant ». Le vert peut donc évoquer la croissance de l’Eglise, son épanouissement, grâce à la sève donnée par Dieu.

Généralement, nous savons briser la routine et être créatifs pour nos loisirs et les vacances. N’hésitons pas à être tout aussi créatifs et inventifs pour notre vie chrétienne “ordinaire” !

Après tous les dimanches de juin marqués par des solennités (Pentecôte, Trinité, Saint Sacrement et encore aujourd’hui la fête de saint Pierre et saint Paul), nous avons peut-être perdu de vue que nous étions entrés, à la Pentecôte, dans la deuxième partie du temps dit « ordinaire » qui courra jusqu’à l’Avent. La première partie du temps ordinaire nous a menés du Baptême du Seigneur au Carême.

« Ordinaire » est à prendre au sens d’habituel, de familier, proche du déroulement quotidien de l’existence. On n’y célèbre pas un aspect particulier du mystère chrétien mais on y chemine au fil des jours vers le Père, dans la lumière du Christ, sous la motion de l’Esprit. Ce temps n’est donc pas synonyme de quelconque. Au contraire, il constitue un défi d’envergure, pour rester dans la fidélité, sans tomber dans la routine, dans une culture ambiante qui valorise l’événementiel et ignore la vertu de répétition.

L’alternance des temps spécifiques et du temps ordinaire permet de donner du souffle et du rythme à nos vies mais chaque dimanche nous célébrons le mystère du salut en Jésus Christ, nouveauté toujours radicale qui vient féconder nos vies.

Le vert est la couleur liturgique du temps ordinaire. Le mot vient du latin viridis : « verdoyant, florissant ». Le vert peut donc évoquer la croissance de l’Eglise, son épanouissement, grâce à la sève donnée par Dieu.

Généralement, nous savons briser la routine et être créatifs pour nos loisirs et les vacances. N’hésitons pas à être tout aussi créatifs et inventifs pour notre vie chrétienne “ordinaire” !

Avec la rentrée nous reprenons les chroniques Minute-Liturgie hebdomadaires en poursuivant l’exploration des différentes prières eucharistiques. Avant l’été, nous avions vu la Prière eucharistique n°1, ou Canon. Aujourd’hui, la Prière eucharistique n°2.

Elle a été introduite dans le Missel lors de la réforme liturgique en 1969 mais elle tire son origine d’un des plus anciens textes connus de la liturgie, au début du IIIème siècle. On l’attribue à St Hyppolyte, brillant prédicateur romain, mort martyr en 235. Issue de son œuvre la « Tradition Apostolique », elle trouve sa place originelle dans la liturgie de l’ordination de l’évêque.

La préface est propre au texte et présente une connotation de profession de foi dans le Christ (« il est ta parole par qui tu as créé toutes choses ; c’est lui que tu nous as envoyé comme Rédempteur et Sauveur, Dieu fait homme, conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie »), d’où son utilisation dans les messes où il n’y a pas de Credo.

Le schéma de la Prière eucharistique n°2 est marqué par une belle formule : « Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté », ainsi que de l’invocation de l’Esprit-Saint sur les offrandes (« en répandant sur elles ton Esprit »), puis sur le peuple (« nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps »).

Sa brièveté, sa densité théologique et sa préface en forme de profession de foi en font sans doute une des prières eucharistiques les plus employées, surtout en semaine.

« Le Père est l’unique source de la sainteté »… Quel est mon chemin de sainteté ? De quelle manière je laisse le Père m’inonder de sa sainteté ?

Nous continuons la présentation des quatre principales Prières eucharistiques. Aujourd’hui, la 3ème. Elle fut rédigée en 1967, suite à la réforme liturgique du concile Vatican II. Elle s’inspire des traditions gallicanes et hispaniques (c’est-à-dire d’anciennes liturgies latines de Gaule et d’Espagne avant que la liturgie romaine ne s’impose à tout l’Occident à partir du VIIIème siècle).

Bien que plus courte, elle rappelle dans son langage le Canon romain (ou Prière eucharistique n°1), insistant sur la dimension du sacrifice eucharistique (« Nous t’offrons, Seigneur, en action de grâce, ce sacrifice vivant et saint »). Elle déploie en revanche plus explicitement le rôle de l’Esprit Saint : « Tu es vraiment saint, Dieu de l’univers… c’est toi qui sanctifies toutes choses, par ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l’Esprit… ». Puis dans les deux épiclèses : sur les offrandes « Sanctifie-les par ton Esprit » et celle sur l’assemblée « remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ ».

Dans les intercessions à la fin de la prière eucharistique, elle a une belle formule rappelant l’universalité de la foi « Dans ta miséricorde, ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés ».

La prière eucharistique n°3 peut être dite avec n’importe quelle préface. On l’emploie de préférence les dimanches et jours de fête.

Le long monologue du prêtre au moment de la Prière eucharistique peut nous sembler ennuyeux et comme un moment à vite passer. C’est pourtant le cœur de la célébration. En repérant les différences, je maintiens mon attention, soutenu par l’Esprit. Lors de la prière eucharistique n°3, je peux confier les enfants « dispersés » que je connais.

Celle-ci a été composée aussi après le Concile Vatican II, en s’inspirant d’anciennes anaphores (nom donné à la prière eucharistique dans la tradition orientale), surtout de la très vénérable anaphore de saint Basile (+379). 

Cette prière est la plus longue et elle reprend magnifiquement toute l’histoire du salut : la création du monde, les premières alliances qui ont préparé la venue du Seigneur et son sacrifice, l’envoi de l’Esprit Saint par qui le corps et le sang du Christ scellent l’Alliance désormais éternelle.

Elle insiste sur l’amour de Dieu : « Tu as tellement aimé le monde, Père très saint », ou « Pour accomplir le dessein de ton amour » et le récit de l’institution est introduit par le début du chapitre 13 de Jean : « comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ».

Elle conclut par une visée eschatologique où « la création tout entière, enfin libérée de la corruption du péché et de la mort » glorifiera le Père.

La Prière eucharistique n°4 a une préface immuable, on peut l’employer quand la messe n’a pas de préface propre et les dimanches du Temps ordinaire.

La prière eucharistique n°4 pourrait être choisie lorsqu’une occasion se présente de célébrer la création en nous rappelant ces versets de saint Paul : « Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » Ro 8, 20-21.

Après avoir abordé les quatre prières eucharistiques, quelle est celle qui retient mon attention ? Qu’ai-je découvert de particulier ?

On appelle formulaire de messe, l’ensemble des prières liturgiques propres à une messe donnée : antienne d’ouverture, prière de collecte, prière sur les offrandes, antienne de la communion, prière après la communion. Un formulaire est généralement associé à un choix de textes de la Parole de Dieu.

Une nouvelle messe, c’est-à dire un nouveau formulaire avec son choix de lectures, a été approuvée par le Pape Léon XIV et promulguée le 8 juin 2025 par le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements : La messe pour la sauvegarde de la création. Dans le Missel romain, elle vient compléter l’ensemble des « Messes pour circonstances diverses, section II. Pour la vie du monde ».

Elle pourra être utilisée lors des messes de semaine du temps ordinaire, en particulier le 1er septembre « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création », instituée en 2015 par le Pape François, ou pour une célébration spéciale durant le « Temps pour la création » institué en 2019.

Ce nouveau formulaire s’inscrit dans le contexte de deux anniversaires: le «Message révolutionnaire pour la Journée mondiale de la paix», signé par saint Jean-Paul II il y a trente-cinq ans, en 1990, et intitulé «La paix avec Dieu Créateur, la paix avec toute la Création», et le dixième anniversaire de l’encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune, signée par le Pape François en 2015 et qui renvoie à une «écologie intégrale» et non «superficielle ou apparente». Un troisième anniversaire rend le moment encore plus favorable : les 800 ans du cantique des créatures de saint François d’Assise.

Le thème de la Création n’est pas un thème qui s’ajoute, mais qui est toujours présent dans la liturgie catholique. Parce que « l’Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la Création. Et quand on la célèbre, tout le cosmos rend grâce à Dieu ».

Cette nouvelle messe est un rappel de la situation particulière de l’être humain dans l’univers et un appel à notre responsabilité : Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée. Nous sommes tous appelés à être de fidèles administrateurs de ce que Dieu nous a confié, dans nos choix quotidiens et dans les politiques publiques, ainsi que dans la prière, dans le culte et dans la façon dont nous vivons dans le monde ». En avons-nous vraiment conscience ?

Anamnèse signifie « faire mémoire ». Le prêtre vient de consacrer et d’élever le Corps et le Sang du Seigneur, il termine par ces mots : « vous ferez cela en mémoire de moi ». Le peuple laisse alors éclater son acclamation pour affirmer la grandeur du Mystère de la foi. Le mystère ne signifie pas que la foi et les vérités de foi soient contraires à l’intelligence et à la raison, ou incompréhensibles, mais qu’elles en dépassent les limites. Nous posons là un acte de foi qui résume toute l’économie du salut dans le Christ : « nous annonçons ta mort, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue ». Dire cela, c’est actualiser dans notre vie la réalité et l’espérance de notre foi. L’eucharistie est une actualisation de la présence de Dieu dans nos vies, une participation à la résurrection, dans une visée « eschatologique » où notre vie est tendue vers un « à-venir » qui se réalise dès à présent.

Si la Prière eucharistique s’adresse dans son ensemble au Père, l’anamnèse s’adresse explicitement au Fils. On évitera donc toutes les formules du style « Christ est venu, Christ est né » qui ne s’adressent pas au Christ mais qui parlent de Lui à la troisième personne.

L’eucharistie est cette actualisation du Mystère de la foi dans ma vie… Est-ce que j’attends la venue du Christ dans la gloire ? Qu’est-ce que cela éveille en moi ?

« Doxologie », vient du grec doxa, qui signifie « gloire », et logos « parole ». La doxologie est une « parole de gloire », c’est-à-dire une formule célébrant la Gloire de Dieu. Très présente dans la liturgie, la doxologie revêt toujours un caractère trinitaire « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit… »

 Au cours de la messe, la prière eucharistique s’achève et atteint son sommet avec « la grande doxologie ». Le prêtre élève le calice et la patène en disant : « Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles ». A quoi l’assemblée répond par un vibrant « Amen » qui vient attester la foi en ce Mystère trinitaire. Le prêtre et l’assemblée, d’un seul cœur, font ainsi monter vers le Père l’offrande du Fils, portés par l’Esprit qui vivifie.

 Dire que la gloire appartient à Dieu, c’est dire que nous voulons que ce soit Lui qui soit le centre absolu de notre vie. La « gloire » en effet, signifie le « poids » en hébreu. La question est donc de savoir ce qui a réellement du poids dans notre existence, ce qui est la vraie valeur, la réelle consistance de notre vie.

Cette dimension trinitaire m’est-elle familière ? Ce n’est pas qu’une relation à Jésus qui s’offre sur la Croix et que je reçois en mon corps. C’est bien la Trinité qui m’entraîne, avec tous mes frères, dans cette offrande et nous permet de nous tourner vers le Père.

Les rites de communion débutent par le Notre Père, prière que Jésus nous a apprise et commandé de prier. On trouve le texte du Notre Père dans les évangiles de Saint Luc et Saint Matthieu (Lc 11,2-4 et Mt 6, 9-13). C’est la prière des baptisés, de ceux qui ont reçu l’esprit d’adoption et qui, avec le Christ, peuvent dire « Notre Père ».

La communion apparaît comme l’aboutissement de toute la célébration et le sommet de la participation des fidèles. Encore dans le mouvement trinitaire du « Par lui, avec lui et en lui » de la grande doxologie, nous pouvons oser dire « Notre Père » d’un seul cœur.

Sa récitation est une préparation essentielle à la communion pour trois raisons :

  • à cause de la 4e demande « Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour », qui a toujours été comprise comme demande de nourriture terrestre, mais aussi de l’eucharistie ;
  • à cause de la 5e demande « Pardonne-nous nos offenses », qui constitue une préparation immédiate à la communion ;
  • parce que l’union des voix anticipe ce que la communion va réaliser : l’unité de fidèles divers et variés en un seul corps, celui du Christ.

Cette prière peut vite devenir machinale, routinière. Peut-être serait-il bon d’en approfondir le sens en faisant quelques recherches ? La chanter de temps en temps peut lui redonner aussi toute sa saveur. Quand je la dis chaque jour, je peux repenser à ceux qui l’ont dite avec moi à la messe, et me sentir ainsi en communion, même au cœur de ma prière personnelle.

Aussitôt après la prière du Notre Père, le prêtre a imploré le Seigneur pour qu’il « donne la paix à notre temps » dans la prière qu’on appelle l’ « embolisme ». Puis vient le temps du geste de paix où le célébrant commence par rappeler les paroles mêmes de Jésus : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » La liturgie nous rappelle que cette paix est un don qui vient du Seigneur et non un vague sentiment. Pour bien manifester cette paix, le prêtre ajoute : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ». Vient alors l’invitation à échanger la paix, dite par le diacre s’il est présent : « Donnez-vous la paix » ou avec une autre formule.

Remis en valeur après le concile Vatican II, il reste dans le missel « facultatif » même s’il prend tout son sens lors de la messe dominicale. Par le geste de paix, nous exprimons notre désir d’union entre nous avant la communion à Jésus-Eucharistie.

Il faut veiller à maintenir la portée de ce geste qui peut vite devenir une simple poignée de main comme un vague « bonjour » et à l’habiter : Il ne s’agit pas de traverser l’église pour saluer un parent ou une connaissance, mais bien de transmettre cette paix qui vient du Christ à ceux qui sont autour de moi, connus ou inconnus.

Cette paix offerte par le Christ ressuscité, c’est aussi un fruit de la présence de l’Esprit Saint. Nous pouvons nous l’offrir mutuellement. Quel cadeau !

Que mon cœur soit uni à mon geste ! En l’offrant à mon voisin, que je connais ou pas, c’est le signe de cette communion qui nous relie qui se réalise. Le geste de paix, qui a sa source dans la charité du Christ, peut m’aider à abolir certaines frontières, certaines exclusions, certaines rancunes, au cœur même de l’Eucharistie.

En même temps que l’on chante l’Agneau de Dieu, deux actions discrètes s’accomplissent :

la première est la fraction du pain : le prêtre rompt l’hostie consacrée. Dès les origines, la fraction du pain est l’acte central de la liturgie chrétienne à tel point qu’elle fut l’un des premiers noms de l’Eucharistie. Il manifeste que le corps de Jésus est brisé, partagé : c’est un rappel de la mort du Christ sur la croix. En même temps, ce geste, accompli par le Christ à la dernière Cène, opère la communion entre les participants qui reçoivent l’unique Pain vivant qu’est le Christ pour devenir un seul corps (1 Co 10,17). 

La deuxième est l’immixtion (de immiscere « mêler à ») : une petite parcelle de l’hostie est mise dans le calice tandis que le célébrant dit à voix basse : « Que le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, réunis dans cette coupe, nourrissent en nous la vie éternelle. » Ce rite est le souvenir des premiers temps du christianisme : le pape à Rome ou les évêques en leurs cathédrales envoyaient un acolyte porter aux églises voisines un morceau de pain consacré, que le prêtre mettait dans le calice au moment du rite de la paix pour signifier la communion à l’Église. Cela témoigne d’un sens très vif de l’Eucharistie comme « sacrement de l’unité ».

En chantant l’Agneau de Dieu et en voyant ce geste de l’immixtion, je peux penser à cette unité, cette communion qui se réalise par le Corps et le Sang du Seigneur. C’est parce que la messe est célébrée en communion avec le pape, l’évêque et les Églises du monde entier qu’elle est « catholique ». Je prie pour l’unité de l’Eglise, qui commence dans notre propre communauté.

Bien que cette période soit « avant » Noël, son nom ne vient pas de cet adverbe mais du mot latin adventus désignant l’avènement d’un personnage officiel à son pouvoir.

Pour nous, chrétiens, ce mot « avènement » ne signifie pas l’attente de la naissance de Jésus, mais la préparation de l’avènement du Christ dans la chair annonçant son avènement dans la gloire à la fin des temps, ce qui est aussi l’objet des célébrations des derniers dimanches de l’année. La boucle de l’année liturgique est ainsi bouclée, mais non pas comme un éternel retour. Le cycle de l’année liturgique est un cercle en spirale qui nous fait avancer dans l’espérance à la rencontre de celui qui vient : Dieu-avec-nous.

Ce temps de l’attente se veut une expérience spirituelle pour creuser notre désir. Toutes les prières, les lectures et les antiennes nous invitent à nous préparer car le Seigneur est proche et à nous tenir prêts pour l’accueillir dans nos vies. C’est pourquoi nous nous retenons de chanter le Gloria pour mieux le faire éclater le jour de Noël et participer à la joie des anges dans le ciel. Le Gloria est le chant de Noël par excellence.

Si, comme pendant le Carême, le Gloria est supprimé, l’Alléluia est bien chanté car l’Avent est un temps de joie : le salut est proche.

Comme nous, la Création est en attente : une belle pierre, des écorces d’arbres, des fruits d’hiver, de la mousse, quelques branches de bois sec pourront composer un jardin liturgique. Les cierges qui comptent les dimanches illumineront de plus en plus ce jardin, au fur et à mesure que l’on se rapprochera de Noël. A la fête de la Nativité, les fleurs pourront dire la beauté et la bonté de notre Dieu qui vient chez nous.

La lettre pastorale de notre évêque « Je suis avec vous » arrive au moment favorable pour nous conforter dans l’assurance que Dieu est avec nous et pour soutenir notre élan à aller annoncer le salut à toutes les nations. Lisons-la !

A plusieurs moments au cours de la messe, le célébrant dit des prières à voix basse qui concernent plus spécifiquement le prêtre lui-même.

L’une de ces prières est dite au moment d’aller proclamer l’Evangile, en étant incliné devant l’autel : « Purifie mon cœur et mes lèvres, Dieu très saint, pour que je fasse entendre à mes frères la Bonne Nouvelle ».

Une autre est dite à la fin de l’offertoire, au moment où le prêtre se lave les mains, sur le côté de l’autel : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, purifie-moi de mon péché ».

Une autre prière à voix basse a lieu pendant l’Agneau de Dieu. Cette prière est adressée au Christ, présent dans le pain et le vin consacrés, et peut revêtir deux formes. Voici la forme la plus courte : « Seigneur Jésus Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation ; mais que, par ta bonté, elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison ».

Dans toutes ces prières, le Père ou le Christ sont invoqués pour le bienfait spirituel du prêtre. Elles lui rappellent que, s’il préside l’Eucharistie « dans la personne du Christ [in persona Christi] », il a lui-même besoin de la force et de la rédemption du Christ, notamment au moment-même où il exerce son ministère par la célébration de l’Eucharistie.

La Présentation Générale du Missel Romain (PGMR 84) indique que « le prêtre, par une prière à voix basse, se prépare à recevoir avec fruit le Corps et le Sang du Christ » et que « les fidèles font de même par une prière silencieuse ». Nous reconnaissons ensemble dans le pain consacré l’ « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », l’eucharistie qui nous guérit. 

Les prières que le prêtre, ministre ordonné, prononce à voix basse peuvent nous aider de manière efficace à avoir une pleine conscience que la liturgie est l’œuvre de la Très Sainte Trinité. 

Tenant l’hostie au-dessus de la patène, le prêtre dit :  » Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau « .

Pour comprendre tout ce qui se joue dans cette phrase, il faut relire les chapitres 19 et 21 de l’Apocalypse. Voici un Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure. Un vêtement de lin fin lui a été donné, splendide et pur ». Car le lin, ce sont les actions justes des saints. Puis l’ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! ». Il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu» » (Ap 19,7-9). C’est donc bien plus qu’à un repas que nous sommes conviés mais à un festin de noces, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de l’union du Christ avec l’Eglise dont nous sommes le corps (Rm. 12, 5 ; 1 Co 12, 12). La communion que nous allons recevoir est un avant-goût du banquet qui nous rassemblera à la table du Père.

Nous sommes tous invités (et pas seulement l’assemblée présente), à nous de nous y préparer et de revêtir la tenue de noces, symbole de la conversion du cœur (Mt 22,11-14). Voici le véritable enjeu de notre liberté : choisir la vie, choisir le Christ qui s’est livré pour nous. Il y a dans l’invitation du Christ une promesse de bonheur, une béatitude. Devant cet incommensurable amour de Dieu et de son mystère, comment ne pas nous sentir petits, pécheurs ? S’inspirant alors des paroles du centurion romain qui implore Jésus pour la guérison de son fils (Mt 8,8), l’assemblée répond en se frappant la poitrine : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Le centurion renonce à compter sur lui-même pour s’en remettre à la parole et à la puissance d’amour de celui en qui il croit.

Ayons les mêmes sentiments que le centurion pour nous préparer à recevoir la communion avec humilité tout en nous laissant toucher par cette promesse de bonheur infini. Nous pouvons avoir une prière pour les habitants de notre commune et tous les absents qui, eux aussi, sont invités à entrer dans la joie de Dieu.

« Nous devenons ce que nous recevons » nous dit Saint Augustin.

La messe est un sacrifice d’action de grâces que l’Eglise fait en mémoire du Christ, par la puissance de l’Esprit-Saint. Si la démarche de la communion est toute personnelle, elle est en même temps un acte essentiellement ecclésial. Chacun est invité à partager le Corps du Christ.

Depuis la réforme liturgique issue du concile Vatican II, l’Eglise permet à des laïcs d’aider le prêtre à donner la communion. On les appelle des « ministres extraordinaires de la communion ». Il s’agit d’une délégation ponctuelle, même si elle est renouvelée chaque dimanche.

Chaque fidèle s’avance avec respect pour recevoir et non « prendre » le Corps du Christ. Que ce soit selon la pratique ancienne de faire un trône de ses deux mains et de communier sur place, ou sur la langue selon l’habitude prise au Moyen-Âge, les deux pratiques ont même dignité. Il convient que ces gestes soient faits avec respect et traduisent notre prière. On attend des fidèles qu’ils affirment avec foi la vérité du Mystère vécu par un ferme « Amen ».

Certaines personnes, pour différentes raisons, ne souhaitent pas ou ne peuvent pas communier sacramentellement. Elles peuvent alors s’avancer en croisant les bras, les mains sur les épaules pour recevoir une bénédiction. Par le seul désir procédant d’une foi animée par la charité, ces personnes peuvent communier à la présence du Christ dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.

De retour à sa place, le fidèle prend un temps de recueillement en silence pour accueillir le don qui nous est fait. « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » nous dit Saint Paul (Ga 2,20). 

Lorsque la procession de communion se termine, vient un moment de recueillement pour intérioriser le don reçu. Soit dans le silence, soit en chantant, l’action de grâce reste un moment personnel, intime qui se vit en union avec les frères et sœurs de l’assemblée.

Après ce moment de prière, vient la dernière oraison de la messe que le prêtre introduit par : « Prions ensemble le Seigneur », formule qui renoue les liens de l’assemblée. Il faut reconnaître que nous ne lui accordons pas toujours l’écoute qu’elle mérite car son style condensé et bref requiert une attention immédiate. Or elle est souvent très riche. Elle est bâtie suivant une structure ternaire :

– Merci à Dieu de ce qui vient de s’accomplir dans le sacrifice eucharistique et la communion reçue.

–  Demande faite à Dieu que cette communion porte des fruits jusqu’à l’éternité.

– Actualisation de cette communion pour un élan missionnaire de chaque baptisé dans la fidélité à la foi, l’espérance et l’amour au cours des jours à venir.

L’assemblée fait sienne cette oraison par l’acclamation : « Amen », avant de recevoir la bénédiction finale.

 Dans la semaine, les missels de poche (Prions en Eglise, Magnificat, Parole et prière…) permettent de revenir sur ces prières entendues peut-être trop rapidement à la messe pour les méditer et nourrir notre vie de foi. Cela vaut aussi pour les prières d’ouverture, sur les offrandes ou bien sûr la méditation de la Parole de Dieu.

Après la prière postcommunion, commencent les rites de conclusion de la célébration eucharistique. Après d’éventuelles annonces, le prêtre donne la bénédiction. Une bénédiction, c’est « Dieu qui nous souhaite du bien ». Tout ce que nous venons de vivre, Dieu en effet le trouve bon et permet que les fruits de la messe se réalisent en nous. Tous debout, le prêtre étend les mains, prononce la salutation liturgique préparatoire à la bénédiction, joint les mains à « et que Dieu tout-puissant vous bénisse » et les ouvre pour faire jaillir la bénédiction sur le peuple.

La dimension trinitaire de la bénédiction et le signe de croix nous remettent, en fin de messe, dans ce mouvement d’amour infini, avant l’envoi. C’est donc bien un acte de « mouvement » que celui de la bénédiction, qui peut d’ailleurs être déployée par une bénédiction en 3 temps, ponctuée d’un triple « Amen » aux solennités et fêtes.

Vient alors l’envoi : dans la formule « Allez dans la paix du Christ », il faut comprendre que tout commence. C’est dehors, ailleurs qu’il faut maintenant vivre ce que nous avons reçu au cours de l’eucharistie. Notre condition de baptisés fait de nous des missionnaires envoyés au monde pour annoncer les merveilles de Dieu. Il est important que le morceau de musique ou le chant qui accompagne l’envoi ne se prolonge pas au-delà de la procession de sortie.

Nous avons fini d’approfondir ce que nous sommes appelés à vivre à chaque moment de la messe et espérons que ces contenus vous ont aidé(e)s à mieux les comprendre, les apprécier, et à participer encore plus pleinement à la liturgie.

Un chapitre est donc clos. Il sera peut-être suivi d’un second, consacré au calendrier et aux fêtes liturgiques…. A suivre dans les prochaines semaines.

© 2026 - Tous droits réservés - le site et son contenu sont la propriété de la paroisse - voir les mentions légales.